Garantie Ă©meutes obligatoire : vers une hausse des primes d’assurance habitation en 2026 ?

M Maëlys Gauthier Rédaction
Publié le 20 décembre 2025 Lecture 4 min
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La question de la couverture des violences urbaines refait surface dans le dĂ©bat budgĂ©taire. Le gouvernement a rĂ©cemment introduit, par amendement au SĂ©nat, l’idĂ©e d’une assurance Ă©meutes obligatoire dans les contrats d’assurance dommages. Cette dĂ©marche, glissĂ©e discrĂštement dans le projet de loi de finances 2026, suscite de nombreuses interrogations concernant son coĂ»t pour les assurĂ©s et son impact sur le marchĂ© de l’assurance.

Retour inattendu de la garantie émeutes

ProposĂ© sans concertation prĂ©alable, l’amendement a surpris de nombreux acteurs du secteur. Jusqu’alors, le projet de loi de finances ne contenait pas d’allusion Ă  cette nouvelle garantie, ce qui avait conduit Ă  penser que le sujet avait Ă©tĂ© mis de cĂŽtĂ© en raison de sa complexitĂ©.

Pourtant, dĂšs l’étĂ©, des Ă©tudes sur des scĂ©narios de couverture des dommages causĂ©s par les Ă©meutes avaient Ă©tĂ© menĂ©es. L’une des options envisagĂ©es Ă©tait la crĂ©ation d’un fonds spĂ©cifique adossĂ© Ă  l’État, capable d’indemniser les sinistres dĂšs le premier euro. Ce retour dans le dĂ©bat marque donc un virage stratĂ©gique de l’exĂ©cutif.

Un dispositif inspiré du régime des catastrophes naturelles

La garantie Ă©meutes fonctionnerait sur le principe de mutualisation des risques. Elle serait intĂ©grĂ©e de maniĂšre obligatoire Ă  tous les contrats d’assurance dommages, qu’il s’agisse de particuliers, d’entreprises ou de collectivitĂ©s locales. Cela permettrait de rĂ©partir le coĂ»t sur une large base, rendant le financement plus soutenable face Ă  une sinistralitĂ© en hausse.

Pour financer cette garantie, une surprime de 5% pourrait ĂȘtre ajoutĂ©e aux cotisations existantes d’assurance auto et habitation. Cette mesure, dĂ©jĂ  source d’inquiĂ©tude, viendrait s’ajouter aux surprimes antĂ©rieures, notamment celles liĂ©es aux catastrophes naturelles.

Encadrement juridique de la garantie émeutes

Un aspect essentiel de l’amendement est la dĂ©finition claire des violences urbaines, considĂ©rĂ©es comme des actions collectives violentes visant Ă  imposer des revendications sociales ou politiques. Une commission serait chargĂ©e d’évaluer les Ă©vĂ©nements, pour Ă©viter les litiges.

Exclusions de la garantieType d’évĂ©nements
Actes de guerreNon couverts
Attentats terroristesNon couverts
CyberattaquesNon couverts

Un fonds de mutualisation dédié

Le projet inclut la crĂ©ation d’un fonds de mutualisation pour couvrir les dommages causĂ©s par les violences urbaines, financĂ© par les surprimes. Ce fonds aurait pour objectif de lisser les coĂ»ts dans le temps et d’éviter des appels exceptionnels en cas de sinistres majeurs. De plus, pour garantir son Ă©quilibre, une rĂ©assurance publique pourrait ĂȘtre mise en place avec l’appui de la Caisse centrale de rĂ©assurance (CCR).

InquiĂ©tudes des professionnels de l’assurance

Les agents d’assurance s’inquiĂštent de la hausse des cotisations potentielle et de sa perception par les assurĂ©s. En 2026, une hausse des tarifs d’assurance auto, habitation et santĂ© d’environ 8% est dĂ©jĂ  anticipĂ©e, ce qui complique le discours commercial. L’incomprĂ©hension croissante des assurĂ©s et les risques de rĂ©siliation ou de sous-assurance exacerbent ces prĂ©occupations.

Une assurabilité fragile

Certains acteurs affirment que les violences urbaines relĂšvent plus d’un risque rĂ©galien que d’un risque assurantiel. L’assurance privĂ©e ne semble pas ĂȘtre conçue pour gĂ©rer une frĂ©quence d’évĂ©nements que la gestion de l’ordre public influence directement. Une clause particuliĂšre pourrait mĂȘme allouer jusqu’à un tiers des ressources du fonds aux sinistres en Nouvelle-CalĂ©donie, un territoire ayant connu des violences rĂ©centes dont le coĂ»t s’est Ă©levĂ© Ă  plus d’un milliard d’euros.

Points de tension juridique et politique

Notamment, l’État ne pourra pas ĂȘtre tenu responsable des dommages couverts par cette nouvelle garantie Ă©meutes. Ce point suscite un dĂ©bat entre la responsabilitĂ© de l’État pour maintenir l’ordre et la protection des assureurs, posant des questions sur le partage des risques.

Perspectives d’avenir

La rĂ©introduction d’une assurance Ă©meutes obligatoire constitue une rĂ©ponse Ă  une crise croissante en matiĂšre d’assurabilitĂ©. NĂ©anmoins, le succĂšs de ce dispositif dĂ©pend d’une clarification sur le rĂŽle de l’État et d’un vĂ©ritable partage des risques. Les discussions parlementaires Ă  venir seront cruciales pour dĂ©finir l’avenir de ce mĂ©canisme sans nuire aux assurĂ©s ni au marchĂ© de l’assurance.

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L’auteur

Maëlys Gauthier

Expert en vĂ©hicules Ă©lectriques et passionnĂ©e par l'innovation, je suis spĂ©cialisĂ©e dans l'univers Tesla depuis plus de cinq ans. À 30 ans, j'accompagne les particuliers et les entreprises dans leur transition vers une mobilitĂ© durable, en offrant des conseils sur les modĂšles, l'autonomie et les infrastructures de recharge. Mon objectif est de rendre l'expĂ©rience Tesla accessible et agrĂ©able pour tous.

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